Pondichéry, comme beaucoup de villes dans le monde, est devenu un lieu où se retrouvent des enfants et ados en grand danger : ayant fui des violences familiales ou bien rejetés par des familles trop pauvres pour subvenir à leurs besoins ou encore ayant fugué, attirés par le mirage de la ville et l’espoir de vie facile. Parfois, leurs parents vivent eux-mêmes sur les trottoirs de la ville.
Livrés à eux-mêmes, sans protection ni lois que celles de leurs groupes, ces enfants vivent, au jour le jour, de petits boulots (cyclo-pousseurs, journaliers, serveurs dans de petits restaurants, etc.), exploités, sans perspectives d’une vie meilleure. Ils sont des proies faciles, dès le plus jeune âge et notamment des adeptes de tourisme sexuel : viols, prostitution, drogues, proxénétisme sont très fréquents, dans la quasi indifférence du reste de la société indienne. Les plus grands qui ont une expérience de la rue et de ses vices se chargent trop souvent de gâcher la jeunesse des plus petits … et le cercle vicieux continue.
Depuis longtemps, le Volontariat voulait agir, mais il lui manquait un lieu d’accueil approprié. Or, un foyer d’accueil est pour eux une chance de s’en sortir.
Un jour, un franco-pondichérien vivant à Toulouse, nous propose un terrain dont il a hérité de sa famille, inoccupé et dont il ne fera rien puisqu’il vit en France, sans idée de retour. Son don était fait à la condition que le Volontariat l’utilise exclusivement au profit des enfants. L’occasion se présentait alors de bâtir le programme Souriya (Soleil en sanscrit), près de la gare de Pondichéry, pour l’accueil, de jour et de nuit, des enfants des rues, essentiellement des garçons.
Très vite ceux-ci sont venus, mais la promiscuité entre les grands et les plus petits, la nuit, a été un facteur déterminant pour que le Volontariat place les petits, ainsi que des filles, à la ferme, démarrant ainsi le programme Nila Illam (Nila : Lune en sanscrit).
Une autre partie du bâtiment abrite une crèche d’une trentaine de petits dont les parents vivent le plus souvent sur les trottoirs du quartier.