Le Volontariat a décidé d’ouvrir le centre NILA ILLAM, à la ferme de Touttipakkam, en 2003, pour éviter une cohabitation à risque, de nuit, au centre Souriya, des grands ados, déjà pervertis par la rue, avec les plus jeunes. Nila Illam, « Lune », avait d’abord été prévu pour des filles des rues, en fait très peu nombreuses, et pour des enfants orphelins ou abandonnés.

La ferme de Touttipakkam accueille donc une cinquantaine d’enfants abandonnés ou orphelins, enfants de la rue ou dont les parents vivent sur les trottoirs et près de 20 petits gitans Narikuruvas.
[Cette communauté tribale vit dans une extrême pauvreté et des conditions sanitaires et d’hygiène déplorables, en bordure de Pondichéry. Semi-nomades, ils survivent de petit artisanat, de récupération et d’expédients. Grâce à la ténacité de ses responsables, le Volontariat a obtenu du gouvernement régional un lieu d’habitation indépendant, avec point d’eau, des abris en dur et un éclairage public solaire. Leurs conditions de vie restent très aléatoires et des familles nous ont demandé à placer leurs enfants à la ferme pour leur instruction (dans les écoles proches) et leur éducation.]
Les enfants de Nila Illam sont répartis en petits groupes sous la responsabilité de mamans d’accueil avec enfants. Ces femmes sont aussi en difficulté : veuves ou abandonnées ou maltraitées, sans moyen d’existence véritable, souvent poussées à la rue. Femmes avec un cœur, mais n’ayant aucune formation. Elles ont ici la possibilité de se structurer, avoir une vie réglée par leurs taches ménagères et maternelles, se former à leur nouvelle responsabilité et participer à l’éducation des enfants dont elles ont la charge.
Un véritable défi !

Les enfants doivent aussi trouver des repères, dans une vie en société, se structurer avec des actes répétitifs journaliers : se lever, se laver, manger, aller à l’école, faire ses devoirs en rentrant avec un répétiteur, dîner à heure fixe, dormir tôt et à heure fixe, etc. C’est une chance pour eux qui ont perdu leurs parents ou ont des parents marginalisés, de pouvoir se sociabiliser, d’acquérir un rythme de vie qui leur permettra d’affronter la Société, dans de meilleures conditions.
Régulièrement, des retrouvailles sont organisées entre les enfants et leurs familles pour ne pas couper ce lien nécessaire et indispensable.
Ils sont répartis dans la ferme entre plusieurs maisons indépendantes et se regroupent après l’école et en fin de semaine. Ils utilisent les maisons « Utrumai » construites à l’origine pour loger les ouvriers de la ferme, également 2 maisons construites en 2004-5 avec une subvention de la Fondation Air France et plus récemment les maisons Vaanam (voir ci-dessous).
Après des années, les plus grands, une vingtaine,
ont été placés en pension à l’extérieur de Pondichéry, tandis que la ferme accueille régulièrement d’autres enfants. Les « grands » reviennent en période de vacances scolaires. Pour les recevoir dans de bonnes conditions et ne pas les mélanger avec les plus jeunes, le Volontariat a réalisé, avec l’aide financière de la fédération la Voix de l’Enfant, de petites maisons fonctionnelles, « Vaanam », photo ci-dessus, au design particulier, et où sont regroupées toutes les filles du programme.
Bien sûr, là aussi, il y a des échecs, tous les ans, surtout avec les enfants gitans : certains ne supportent pas la séparation d’avec leur famille et fuguent, ou bien les parents les reprennent pour la saison nomade des festivals où ils pourront gagner un peu d’argent et, surtout dans le cas des filles, pourront même les prostituer durant ces fêtes.
Il est certain que beaucoup de ces enfants auraient besoin de l’aide d’un pédo-psychologue tant leur passé a pu être souvent traumatisant, de même les responsables de l’encadrement en auraient besoin aussi pour les orienter dans leur relation avec chaque enfant en particulier.