En 1968, le Volontariat en Inde fait l’acquisition de terres pauvres pour participer au développement de la production agricole devant conduire l’Inde à l’auto-suffisance alimentaire. De 4 hectares au début, les cultures s’étendent aujourd’hui sur plus de 20 hectares : la ferme apporte ainsi aux enfants du Volontariat un complément alimentaire important et un lieu de détente pour les vacances.
[La grande idéologie des années 60 pour les pays en voie de développement est de devenir auto-suffisant pour la production alimentaire. C’est la fameuse « révolution verte » qui commençait et dont on a constaté, en de nombreux pays et à posteriori, les bienfaits évidents en termes de production, mais aussi les dégâts : appauvrissement des sols, pollution des nappes phréatiques et, souvent, leur assèchement, utilisation abusive d’engrais et pesticides, exode rural accéléré.]
En 1968, le Volontariat a donc acquis 9 acres (1 acre = 0,43 hectares) de terrains près du village de Tuttipeth pour le projet agricole de Touttipakkam (appelé TTK).
Il a aussi pu louer 8 acres au Gouvernement indien qui encourageait cette initiative et qui a profité du développement de TTK pour développer l’agriculture de tout le secteur.
Ces terres, originellement, étaient très pauvres : terrain raviné, non irrigué, sol fortement alcalin où ne pouvaient pousser que des filaos, utilisés comme bois pour la cuisine. Les petits paysans des alentours ne pouvaient pas investir dans le forage et l’équipement de puits profonds et étaient à la merci de bonnes ou mauvaises moussons pour obtenir une récolte par an. C’est dans ce contexte que le Volontariat a voulu faire "verdir" la terre et aider les paysans voisins à irriguer leur terre.
Un travail long et patient a été nécessaire pour aplanir et fertiliser le sol (apport de sable, fumier, engrais verts, etc.). Le forage de puits à 120 et 200 mètres de profondeur a permis une irrigation régulière.
Les débuts de la ferme ont pu être réalisés grâce à l’aide apportée régulièrement par les Comités de Soutien.
Durant les années 70, afin de financer des constructions à la ferme (et aussi pour des bâtiments à l’Atelier Shanti), Madeleine, Arnaud et une équipe de toulousains ont créé avec l’abbé Pierre une communauté Emmaüs à Toulouse. Grâce au travail des compagnons de cette Communauté itinérante d’Emmaüs, en 1978, nous avons pu édifier ses principaux bâtiments actuels. [Les bâtiments de 1978 ont été remaniés et rénovés depuis lors pour pouvoir être utilisés aussi par les enfants des camps de vacances.]
En 1985, à la demande d’une quarantaine de petits paysans voisins, le Volontariat a pu forer et équiper 2 puits supplémentaires grâce à un cofinancement avec la Communauté Européenne, et fournir ainsi à ces paysans une eau à un prix raisonnable.
Mais en 1987 la situation locale change : le Gouvernement Central décide de réduire les taxes et impôts du Territoire de Pondichéry pour attirer les industriels. La ferme se trouve alors entourée d’usines, souvent polluantes, construites sur des terrains que les paysans se sont empressés de vendre à bon prix. Aussi, le Volontariat décide de s’agrandir pour maintenir une activité agricole importante dans cette région et éviter une trop importante pollution des sols, de l’air et de l’eau. La surface cultivée aujourd’hui (20 ha environ) est irriguée à l’aide de 5 puits profonds, équipés de pompes submersibles.
Les bâtiments, appelés à l’origine, « Quarters » et rebaptisés depuis Utrumaï, sont faits de terre glaise, cuite comme chez le potier, et recouverts de briques (technique Mr Ray de Pondichéry). A l’origine, destinés au logement de familles d’ouvriers de la ferme, ils servent aujourd’hui aux enfants du programme Nila Illam.
Un élevage de poulets a été démarré en 1994 pour maîtriser la qualité de la viande donnée aux enfants. 3500 poulets sont élevés en permanence dans des poulaillers fermés et alimentent la cuisine centrale, le magasin Tripti, ainsi que de nombreux restaurants de la ville et des environs.
Depuis 2003, la ferme abrite le programme Nila Illam pour lequel de petites maisons ont été construites, les deux dernières en 2004-5, grâce à une aide de la Fondation Air France. Les maisons en forme de ruches, « Vaanam » ont été réalisées en 2008-9 avec l’aide de La Voix de l’Enfant, pour accueillir les plus grands, en pension à l’extérieur, et qui reviennent à la ferme pour les vacances. Elles sont actuellement occupées par toutes les filles de Nila Illam.
En 2008 toujours, deux nouveaux programmes voient le jour :
une unité de production de spiruline, grâce à une collaboration financière avec une association liée à Gaz de France, pour subvenir aux besoins du Volontariat, le surplus devant être vendu à l’extérieur afin de pérenniser le programme.
une petite unité de teinture naturelle pour le compte de l’Atelier Shanti. Mais pour diverses raisons, dont la non reproductibilité des teintures, ce projet a dû être abandonné en 2010.
Une culture d’aloé vera se fait à plus grande échelle que précédemment avec l’espoir de commercialiser le jus de cette plante aux vertus médicinales reconnues.
Un groupe de femmes commence la production artisanale de savon.