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Publié le jeudi 22 juin 2006, Modifié le mardi 6 septembre 2011

Madeleine HERMAN, née à Liège, Belgique, a fini des études d’assistante sociale. Elle travaille dans la société métallurgique de Cockrill Ougrée, sa position l’amenant à être entre la Direction de l’usine et les Syndicats. Elle pense qu’elle pourrait être plus utile à des gens réellement laissés pour compte de la société.

L’abbé Pierre a fait une conférence à Liège fin des années 50, elle en est très marquée et lui exprime son désir de travailler avec les plus pauvres, il lui parle alors de Lima où il commence une action Emmaüs, mais ce n’est pas possible à ce moment pour Madeleine. Elle le rencontre à nouveau 2 ans plus tard, à Paris, ainsi que sa secrétaire et organisatrice du mouvement Emmaüs, Melle Coutaz ; il revient d’une tournée en Inde, avec Indira Gandhi pour interprète. Très touché par la misère qu’il a côtoyée, il propose alors à Madeleine de s’y rendre. C’est ainsi que Madeleine décide de consacrer un an de sa vie à ce pays en voie de développement. C’était en 1962.

Pourquoi Pondichéry, ancien comptoir français en Inde du sud et nouvellement rattaché à l’Inde ? Parce qu’on y parle encore français, avec la présence d’institutions et d’ordres religieux datant de la colonisation et de nombreuses familles franco-indiennes.

Pendant plusieurs mois, Madeleine travaille à la maternité de la clinique des Sœurs de Cluny. A cette époque où Pondichéry passait progressivement sous administration indienne, les religieuses de Cluny avaient dû quitter l’hôpital, devenu Hôpital Général gouvernemental, et avaient ouvert une petite maternité provisoire avec toit en feuilles de cocotiers tressées. Il fallait faire 30 accouchements pour avoir un diplôme, Madeleine en réalise 70 le premier mois !

Dans le même temps, elle cherche à aller plus loin dans son engagement. Aidée de jeunes garçons et filles, étudiants pondichériens, elle parcourt la banlieue à bicyclette, avec quelques médicaments sur son porte-bagages et soigne les plus atteints. Partout, même à l’ombre des maisons bourgeoises, Madeleine découvre la vraie misère, cachée, misère autant physique que morale. Elle découvre aussi le quartier des lépreux, à Dubraypeth, où de nombreux hommes et femmes, atteints de cette maladie qui, même guéris, les met au banc de la société, vivent dans ou juste au dehors de la léproserie. Ils y sont pris en charge et beaucoup mendient pour pouvoir boire de l’alcool et ainsi oublier, pour un moment, leur condition d’exclus. Avec ces étudiants et des volontaires, elle construit sur la plage quelques huttes, sol et murs bas en boue séchée et toit de feuilles de cocotier [certains n’ont pas oublié Madeleine : ainsi les présidents des associations de soutien de Paris, Montauban et Bordeaux sont ou ont été parmi les premiers volontaires à travailler à Dubraypeth].

A Oupalam, banlieue sud derrière la gare, elle est touchée par la grande misère des habitants, nouveaux venus des campagnes environnantes, plusieurs morts par semaine, surtout de malnutrition, dénutrition ou des suites de l’alcoolisme dans lequel se réfugie un grand nombre d’hommes et, même, quelques femmes. Nouveaux venus des campagnes environnantes, ils ont été poussés vers la ville par un fol espoir de travail régulier et, surtout peut-être, à la suite de moussons déficientes qui les ont empêchés de poursuivre leur activité de petits agriculteurs.

C’est à Oupalam que ce groupe décide de s’arrêter et d’agir. Il sera bientôt rejoint par des volontaires venus de France ou d’ailleurs, volontaires du Service Civil International ou jeunes voulant donner un temps de leur vie aux autres.

Les problèmes sont vastes et dramatiques, mais le contact permanent avec ces hommes, femmes et enfants fait que très vite se tissent avec cette population, le groupe et Madeleine, des liens de confiance et d’amitié qui ont rendu l’action possible et durable.

La première activité est un dispensaire où, bientôt, plusieurs centaines de patients défilent chaque jour, en raison de la pénurie de telles structures à Pondichéry, mais surtout parce que Madeleine, vite surnommée Amma, la mère, les connaît toutes et tous et leur offre son amitié désintéressée. Très vite aussi est organisée une distribution de lait aux enfants pour lutter contre la malnutrition. Madeleine plaide la cause des adultes auprès du Maire de la ville, pour la recherche d’emplois stables ; c’est ainsi que nombre d’hommes d’Oupalam deviennent les éboueurs de la ville, petit salaire mais premier salaire régulier.

Madeleine Herman épouse Arnaud de Blic, Docteur en chimie, venu en Inde effectuer un service civil comme Professeur de Physique-chimie au Collège Français de Pondichéry et bénévole au Volontariat.

De nombreuses années ont passé, les activités se sont multipliées et diversifiées : réhabilitation de lépreux guéris, handicapés physiques ou sociaux, programme de Parrainage, ferme de Touttipakkam, maison pour personnes âgées des trottoirs Amaidhi et Thendral Illam, centres pour jeunes Souriya et Nila Illam, apprentissages, programmes post-tsunami, OM Shanti, etc…

Madeleine est toujours « au front », avec toujours la même foi et la même énergie. Elle est bien secondée par des responsables des programmes et les responsables administratifs. Les décisions importantes se prennent en collégialité, au sein de l’association Volontariat et du Comité de décision. Pour tous, elle reste Madeleine Amma !

Il reste que le Volontariat est connu, notamment en Belgique et France, aussi de très nombreux visiteurs, surtout francophones, sont accueillis et passent par le bureau de Madeleine avant de visiter les activités … et le magasin Navin où ils peuvent concrétiser leur intérêt en achetant l’artisanat produit par les différentes sections du Volontariat.

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