« Achetez 1 mètre de tissu et 10 personnes pourront vivre » disait Gandhi. Est-ce encore vrai aujourd’hui, et pour combien de temps ?
Le Démarrage
En 1966, un jeune lépreux guéri, Manangaty, amputé d’une jambe, est placé par le Volontariat à l’hôpital de Vellore en rééducation pour recevoir une prothèse. De retour à Pondichéry, la solution la plus facile
qui s’offre à lui est de retourner à la léproserie de Dubraypeth, le « Lazaret », où, comme 150 hommes et femmes lépreux, comme lui « blanchis » (maladie stoppée), mais mutilés et rejetés de leurs familles et de la société, il sera pris en charge par le gouvernement indien, avec le seul souci de mendier son alcool et oublier sa condition d’exclu. Lequel d’entre nous n’aurait pas fait de même, placé dans les mêmes conditions ?
Manangaty refuse la fatalité et décide d’apprendre le métier de tisserand avec le « mestri », Sivapragassame, tisserand devenu lépreux, et un noyau de handicapés, comme lui, qui tentent l’aventure de retrouver leur dignité par le travail proposé par le Volontariat.
L’atelier de tissage Shanti est considéré comme le premier centre du sud de l’Inde pour la réhabilitation de lépreux guéris [photo de l’atelier en 1966]. Tissages « à la main », avec des métiers à pédales, de pagnes et torchons, puis des cotonnades vendues en Europe, dès 1967, tissus au mètre et articles de confection. La production est, aujourd’hui encore, majoritairement exportée vers les comités Volontariat européens pour y être vendue par des équipes bénévoles dévouées.
De nombreux articles sont aussi proposés à la vente locale par le biais du petit magasin exposition Navin, situé à Sakti Vihar, où sont systématiquement drainés les nombreux visiteurs.
L’Atelier Shanti aujourd’hui
La production de l’Atelier Shanti se fait toujours dans ses trois sections : tissage, couture et broderie et, à côté, on trouve les deux responsables qui assurent aussi la gestion et les formalités d’exportation, le service d’entretien et la sécurité, soit au total 57 personnes au 1er septembre 2011

Section tissage : elle emploie en majorité des personnes handicapées, qui sont réparties selon les différentes étapes du tissage : bobineurs, ouvriers préparant la chaîne : « warping », « Atchie » et « Pavou », ceux qui encollent les fils et enfin les tisserands. Les pièces ou « Fabric » ont environ 19m de long et 1,50m de large. Une seule ouvrière tisse sur un métier de 2m de large.
Section Couture : les ouvrières coupent
les pièces de coton et confectionnent les articles en fonction des commandes reçues. Le catalogue des modèles est révisé chaque année.
Section broderie : les femmes dont beaucoup sont handicapées physiques travaillent sur des articles de confection (cartes, sacs, tabliers, etc.), mais aussi brodent des nappes aux motifs variés et leurs serviettes.
Les ouvriers de l’Atelier Shanti peuvent être fiers de leur travail, mais pour qu’ils puissent continuer à vivre dignement, il est essentiel que nos amis européens continuent d’acheter les tissus et articles de confection dans les magasins des comités ou lors des ventes organisées.