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Publié le lundi 3 juillet 2006, Modifié le lundi 8 mars 2010

« Achetez 1 mètre de tissu et 10 personnes pourront vivre » disait Gandhi. C’est toujours vrai en 2010 !

Le Démarrage

En 1966, un jeune lépreux guéri, Mannangaty, amputé d’une jambe, est placé par le Volontariat à l’hôpital de Vellore en rééducation pour recevoir une prothèse. De retour à Pondichéry, la solution la plus facile qui s’offre à lui est de retourner à la léproserie de Dubraypeth, le Lazaret, où, comme 150 hommes et femmes lépreux, comme lui « blanchis » (maladie stoppée), mais mutilés et rejetés de leurs familles comme de la société, il sera pris en charge par le gouvernement indien avec le seul souci de mendier pour pouvoir boire et oublier sa condition d’exclu.

Mannangaty refuse la fatalité et décide d’apprendre le métier de tisserand avec le « mestri » Sivapragassame, tisserand devenu lépreux, et un noyau de handicapés, comme lui, qui tentent l’aventure de retrouver leur dignité par le travail proposé par le Volontariat.

L’atelier de tissage Shanti est considéré comme le premier centre du sud de l’Inde pour la réhabilitation de lépreux guéris [photo de l’atelier en 1966]. Tissages « à la main », avec des métiers à pédales, de pagnes et torchons, puis des cotonnades vendables en Europe, tissus au mètre et articles de confection. La production, entre 10 et 15000 m par an, est, aujourd’hui encore, majoritairement exportée vers les comités Volontariat européens pour y être vendue par des équipes bénévoles dévouées.

De nombreux articles sont aussi proposés à la vente locale par le biais du petit magasin exposition Navin, situé à Sakti Vihar, où sont systématiquement drainés les nombreux visiteurs.

L’Atelier Shanti en 2010

La production de l’Atelier Shanti se fait dans ses trois sections : tissage, couture et broderie. En plus neuf personnes sont employées : les responsables et une administration qui assurent la gestion et les formalités d’exportation, le service d’entretien et la sécurité.

Section tissage : 25 personnes, en majorité handicapées, sont réparties selon les différentes étapes du tissage : bobineurs, ouvriers préparant la chaîne : « warping », « Atchie » et « Pavou », ceux qui l’encollent et enfin les tisserands. Les pièces ou « Fabric » ont environ 19m de long et 1,50m de large. Une ouvrière tisse sur un métier de 2m de large.

Section Couture : le nombre d’ouvrières, 10 actuellement, coupent les pièces de coton et confectionnent les articles en fonction des commandes reçues. Le catalogue des modèles est révisé chaque année.

Section broderie : 20 femmes sont employées dans cette section qui travaille sur des articles de confection (cartes, sacs, tabliers, etc.), mais surtout elles brodent des nappes aux motifs variés et leurs serviettes.

Les ouvriers de l’Atelier Shanti peuvent être fiers d’être des exportateurs, mais pour qu’ils puissent continuer à vivre dignement de leur travail, il est primordial qu’un plus grand nombre de nos amis européens achètent les tissus et articles de confection dans les magasins des comités ou lors des ventes organisées.

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